À la lecture des arguments du Conseil Régional Auvergne-Rhône-Alpes justifiant la suppression
totale de son soutien, la Chambre Régionale de l’Économie Sociale et Solidaire, par la voix de son
Bureau, tenait à saluer le Conseil Régional pour son sens de l’humour, son sens de la mesure et sa
clarté.
« UN ÉCOSYSTÈME ADMINISTRATIF QUI VIT DE SUBVENTIONS »
Les membres du Bureau de la CRESS, représentants bénévoles et par ailleurs actifs (salariés, professionnels, entrepreneurs, dirigeants) ou retraités totalement investis, de la Mutualité Française Auvergne-Rhône-Alpes, AURA HLM, la Caisse d’Epargne Rhône Alpes, Innovales, GES Adéquation, la Fondation AJD, Le Mouvement associatif AURA, le CROS, l’ESPER, la Fédération des Entreprises d’Insertion, l’URSCOP et l’UDES, ont particulièrement apprécié d’être qualifiés « d’écosystème administratif qui vit de subventions ».
Les membres du Bureau de la CRESS témoignent de leur soutien plein et entier à l’équipe de salariés de la CRESS, reconnue pour son haut niveau d’expertise, son travail quotidien et concret au service de tous les acteurs de l’ESS en Région, et menacée par l’abandon radical de soutien du Conseil Régional.
Les membres du Bureau de la CRESS ont également apprécié que le Conseil Régional vise à « accompagner les entreprises vers l’autonomie plutôt que subventionner indéfiniment des structures inefficaces. » En revanche, ils s’interrogent sur la continuité de soutien à l’investissement pour les micro-entreprises et TPE qui représentent pourtant 91,7% des 64.909 faillites en France sur douze mois en 2024 (sources Banque de France, nov.2024) plutôt que de soutenir la CRESS dont les actions de coordination, de formation et d’accompagnement des acteurs de l’ESS ont permis un solde d’emplois positif en AURA de 3604 ETP.
Est-il besoin de rappeler que chaque année environ 150 milliards d’aides sont distribués à l’économie
conventionnelle contre 10 fois moins au secteur associatif qui représente pourtant 80% des 2,7 millions d’emplois ESS en France et qui rendent des services dans le quotidien de tous les habitants (santé, solidarité, culture, handicap, insertion sport, entrepreneuriat, etc.) ?
« DES MILLIARDS D’EUROS POUR DES RÉSULTATS MÉDIOCRES »
Les membres du Bureau de la CRESS ont pris acte que le Conseil Régional assumait « pleinement de ne plus financer des agences et dispositifs comme France Rénov ou le Plan d’Investissement dans les Compétences (PIC), qui ont englouti des milliards d’euros d’argent public pour des résultats médiocres, comme la souligné la Cour des Comptes. ».
Sauf que la Cour des Comptes (ou la Chambre Régionale éponyme) n’a jamais rien dit de tel à propos de la CRESS dont la subvention annuelle, de 230.000 euros bien loin des milliards évoqués, fait l’objet d’un rendu annuel précis, qualifié et chiffré sur le nombre d’actions produites et leurs effets.
« La Région ne souhaite ainsi pas poursuivre ses financements à des structures intermédiées, qui ne sont pas des financements allant directement aux entreprises de l’ESS » lit-on également dans le CP de la Région. Si la CRESS, instituée par la Loi de 2014, association loi 1901 reconnue d’utilité publique par l’Etat et la Région, employeur de 13 salarié·es qui produisent des services commandées et réévaluées chaque année par la Région dans le cadre de sa propre stratégie de développement de l’ESS, n’est pas une « entreprise de l’ESS », qu’est-elle donc ? Un Comité Théodule de révolutionnaires de salon fomentant l’abrogation de la loi de 1982 portant création des Régions ? Les arguments de raison n’exigent-ils pas de la mesure ?
Est-il encore besoin de rappeler l’impact de l’action de la CRESS en 2024 ?
- Près de 1 100 entrepreneurs ESS et dirigeants d’entreprises de l’ESS ont été conseillés, formés, accompagnés dans leur création et développement d’activités (en hausse constante) ;
- Près de 950 dirigeants (ESS et hors ESS), institutionnels et particuliers ont été rencontrés et sensibilisées aux enjeux et perspectives d’initiatives de l’ESS dans leurs territoires (économie circulaire, dispositifs de financement, entrepreneuriat ESS, achats responsables et partenariats économiques locaux…) ;
- Environ 500 jeunes (scolaires, étudiants), enseignants et demandeurs d’emploi ont été formés à l’ESS comme solution d’engagement dans la société ou comme opportunité professionnelle ;
- Environ 80 élus et agents de collectivités territoriales ont été sensibilisés à des initiatives de l’ESS pour faciliter la mise en œuvre de leurs politiques locales.
« NOUS ASSUMONS PLEINEMENT NOTRE VISION »
« L’opposition de gauche et d’extrême-gauche, fidèle à sa vision de l’économie fondée sur la dette et la subvention permanente, préfère ignorer ces réalités et entretenir la confusion. » écrit le Conseil régional répondant à d’autres que nous, qui se sont saisis du sujet, à leur initiative.
Malgré nos multiples appels au dialogue, notre soin permanent de ne pas « politiser » l’ESS, notre
réaffirmation de la souveraineté d’un exécutif démocratiquement élu, et la pondération de nos interventions publiques, nous actons la fin de non-recevoir du Conseil Régional.
Nous actons sa décision « pleinement assumée » de rupture radicale avec l’ESS et sa représentation démocratique.
Auvergne-Rhône-Alpes devient la seule Région de France à ne pas soutenir la CRESS de son territoire.
Nous nous questionnons par ailleurs sur la manière dont la Région va mettre en œuvre la nécessaire concertation prévue par la loi avec l’Etat et la CRESS sur les politiques locales de développement de l’ESS en 2025. Une CRESS qui n’est pas une « structure intermédiée » mais une instance légale et institutionnelle de représentation de la société civile organisée. C’est un pas de plus vers l’inquiétante déconstruction de la République.
Aujourd’hui, nous appelons l’ensemble des entrepreneurs, des organisations et des entreprises de
l’économie sociale et solidaire à s’unir au sein de la chambre régionale, pour que nous puissions continuer à porter et défendre nos valeurs communes de démocratie, de partage de richesses et d’utilité collective et défendre leur réalité en 2025.
> CP à télécharger sur avec le bouton « Pièce jointe » ci-dessous.


