Communiqué de presse – L’ESS menacée en 2025 : la CRESS et l’UDES appellent au dialogue avec la Région

31 janvier 2025

La CRESS et l’UDES Auvergne-Rhône-Alpes expriment leur incompréhension face au retrait annoncé du soutien régional aux dispositifs de l’Économie Sociale et Solidaire (ESS). Elles appellent au dialogue avec le président du Conseil régional, M. Fabrice PANNEKOUCKE, pour trouver ensemble des solutions adaptées aux priorités régionales. L’ESS n’est pas une dépense, mais un investissement stratégique pour la cohésion et l’attractivité de nos territoires.

L’ESS : une force économique majeure et non-délocalisable

Présente dans tous les secteurs d’activités, elle agit au service de l’intérêt collectif en répondant aux besoins des personnes et des territoires. A l’échelle nationale, l’ESS est marquée par une croissance 2 fois supérieure, en une année que la tendance des dix dernières années. En Auvergne-Rhône-Alpes, c’est plus de 3 600 nouveaux postes en un an*.

Les entreprises de l’ESS génèrent un retour sur investissement public de 7 fois supérieur (en moyenne 1€ de soutien permet de redistribuer 7€), tout en présentant un taux de pérennité plus important (5 ans après leur création, 79% des entreprises en SCOP/SCIC sont toujours actives contre 61% pour l’ensemble des entreprises) et en nécessitant moins de subventions que le reste de l’économie (en 2019 en France : 147 milliards d’euros ont été distribués à l’économie conventionnelle contre 18 milliards d’euros au champ associatif qui représente 80% des emplois de l’ESS).

Ces résultats ne doivent pas masquer les difficultés que l’ESS rencontre au même titre que toutes les organisations socio-économiques. Par exemple, 29% des structures d’éducation populaire disposent de moins de trois mois de trésorerie, un chiffre en augmentation par rapport aux années précédentes, témoignant d’une fragilité financière accrue.

L’ESS : au service des priorités régionales économiques

Autrement dit, l’ESS n’est pas un dogme politique, c’est une mécanique basée sur la gouvernance démocratique, la finalité d’intérêt collectif et la lucrativité encadrée ou absente. L’objectif, est l’intérêt de la cité et c’est agir tous les jours, même dans les temps les plus durs.

L’ESS est reconnue et encouragée par de nombreuses organisations institutionnelles (ONU, OCDE, OIT, UE), mais aussi par l’Etat, tant au niveau national que régional. La Région a elle-même identifiée l’ESS comme un « levier pour le développement de l’économie de proximité et la transition environnementale » dans sa Stratégie de Développement Economique.

Pourtant, en décembre la Région votait son budget primitif 2025 avec « des mesures additionnelles de re-priorisation en économie (dispositifs de soutien à l’économie sociale et solidaire et nouvelles modalités de financement des pôles et clusters) ». Le CESER a également questionné la Région sur ce qu’il se passe avec l’ESS, rappelant son importance stratégique, mais son interpellation est restée sans réponse.

Un désengagement aux conséquences graves et concrètes pour l’emploi et les employeurs

Ainsi, la semaine dernière, sans concertation, la Direction Economie de la Région nous a informés de l’arrêt de la plupart de ses financements aux dispositifs ESS en 2025. Cela induit la suppression totale de la subvention annuelle à la CRESS (230k€ en 2024), de son soutien au Dispositif Local d’Accompagnement – DLA (220k€ en 2024), de ses opérations de soutien à l’ESS en matière de financement – à France Active et ses associations locales en région – (1 M€ en 2024), et d’appui à la création de SCOP/SCIC via I’AGF SCOP (200k€).

L’Assemblée d’une collectivité est pleinement souveraine dans ses choix mais l’arrêt sans concession de moyens à l’ESS, non confirmé politiquement, est un mauvais signe donné à l’économie régional en général. Cette décision intervient au même moment du renouvellement de soutien de l’Etat en région avec la signature d’une feuille de route ESS (Préfecture Auvergne-Rhône-Alpes/CRESS/UDES.

L’amputation d’1/4 des ressources de la CRESS impactera, non pas sa fonction de représentation assurée par des bénévoles, mais bien son travail opérationnel. Tout comme la suppression des dispositifs portés par les DLA, France Active ou l’AGF SCOP, ce sont des crédits fléchés sur les structures de l’ESS qui vont être directement impactées.

Aujourd’hui, il y a près de 100 00 emplois vacants dans l’ESS en France, renforçant l’inquiétude des employeurs. Pour autant, 2/3 des jeunes placent le sens au travail comme un critère majeur d’orientation professionnelle auquel l’ESS répond particulièrement.

En réponse à cela, nous avions un outil commandé et financé par la Région : la plateforme Ambition ESS avec près de 50 000 visiteurs uniques par mois et plus de 2200 offres d’emploi chaque année. Un nouveau conventionnement avec France Travail avait prévu son interconnexion avec une page dédiée à l’ESS sur le site de France travail. Mais faute de réponse de la Région à date, cette plateforme va être mise en berne. 

Depuis plusieurs années, le soutien de la Région a permis d’amplifier l’impact de l’ESS. Un désengagement soudain n’est justifiable, ni budgétairement, ni stratégiquement, alors que les défis régionaux nécessitent une mobilisation collective. La CRESS et l’UDES renouvellent leur demande de rendez-vous politique avec M. Fabrice PANNEKOUCKE et son équipe, afin de co-construire des solutions pérennes, alignées avec les priorités du territoire.

> CP à télécharger sur avec le bouton Pièce jointe ci-dessous.

Voir d'autres articles

Transition Écologique : le rôle de l’ESS

Des 4 scénarios de l’ADEME à la réalité : comment l’ESS y contribue-t-elle ? En réponse au travail de prospective mené par l’ADEME sur 4 grands scénarios permettant d’atteindre la neutralité carbone en France d’ici 2050, ESS France publie un livret qui vise à démontrer le rôle moteur de l’ESS pour mettre en œuvre une transition écologique et sociale dans les territoires.

Lire la suite »